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jeudi 24 juillet 2014

Florian Vachon a tenu son rang

Comme l'essentiel de l'équipe Bretagne-Séché, Florian Vachon est parti à l'aventure dans ce Tour de France, n'ayant jamais disputé une course de plus de huit jours auparavant.

"J'ai appris beaucoup sur moi-même, sur mes capacités de récupération. Au départ, comme nous sommes une équipe de néophytes, nous partions beaucoup dans l'inconnu. Moi, je n'avais fait que des courses d'une semaine comme Paris-Nice ou le Dauphiné où nous avions aussi eu la chance d'être invités", explique t-il.

Et les choses, finalement, se sont plutôt bien passées pour le coureur de Montluçon, âgé de 29 ans. Premier échappé de la 12e étape entre Bourg-en-Bresse et Saint-Etienne, il a retenté sa chance une semaine plus tard sur la route de Luchon.
"J'ai eu des difficultés en première semaine parce qu'il faut apprendre à tenir sa place dans le peloton du Tour. J'étais beaucoup plus à l'aise en deuxième semaine et j'ai prouvé, en me glissant dans l'échappée de Luchon, que j'étais au niveau en troisième semaine. C'était mon objectif de me glisser dans une échappée "facile" et dans une échappée plus compliquée qui va au bout."

Résultat, Vachon comme ses équipiers, a animé la course, autre objectif au départ.  
"Je pense qu'on a aussi répondu sur le vélo aux critiques qui estimaient que nous n'avions pas notre place sur le Tour. Si tout va bien demain soir, nous arriverons à neuf à Paris. Quand on est un néophyte, qu'on n'est pas un super sprinteur ou un grimpeur, on n'a pas d'autre choix que de tenter sa chance dans les échappées et d'arriver à Paris. C'est forcément l'objectif numéro un." 

Tour d'Ile de France Cadets


mercredi 23 juillet 2014

Valverde : "Je crains plus Péraud"

Le directeur sportif d'AG2R-La Mondiale, Julien Jurdie, explique pourquoi Jean-Christophe Péraud, 4e au classement général à 42 secondes d'Alejandro Valverde et à six secondes de Thibaut Pinot, est désormais son favori pour le podium. "On ne peut qu'être optimistes. Les adversaires de Jean-Christophe savent qu'ils ont devant eux un spécialiste des chronos difficiles et un chrono de 55 bornes samedi. L'objectif avant ce contre-la-montre était d'être en dessous de la minute de Valverde, c'est le cas. Pinot, on ne le craignait pas trop. L'avantage est pour Jean-Christophe à l'heure actuelle. Il est neuf. Il a commencé chez les pros en 2010, c'est seulement sa cinquième saison. C'est clair qu'il est neuf. Il n'a jamais tapé dedans pendant des années à s'enquiller des grands Tours, des cent jours de course par an. Il a 37 ans, mais dans les jambes il en a  30. Au départ, c'était JC le dossard numéro 1. Romain avait aujourd'hui plus de liberté pour jouer sa carte et faire travailler certains leaders. C'est ce qu'il a fait. Sans l'attaque de Romain, Arnold Jeannesson aurait peut-être donné un coup de main à Pinot plus longtemps. C'était finement joué. Ce qui parlent d'une rivalité entre nos deux leaders,  ce n'est surtout pas le cas. Il y a une grosse relation humaine et sportive entre les deux."

Crédit photo Velo101

Alors que l'agitation la plus intense régnait autour du bus de la FDJ.fr pour apercevoir le héros de Luchon, Thibaut Pinot, Vincent Lavenu, au bus AG2R, expliquait les enjeux pour son équipe après la défaillance la veille de Romain Bardet. "Nous nous refusons toujours à désigner un leader. C'est la course qui dictera. Mais c'est vrai que Jean-Christophe Péraud est bien, et qu'il a un avantage avec le chrono. Mais Romain Bardet n'a pas dit son dernier mot", a-t-il dit."Chaque jour, on a vu un leader craquer. On sait que dans les étapes courtes comme aujourd'hui, il y a des dégâts. Qui va lâcher aujourd'hui? Valverde, Pinot, Péraud, Bardet? Personne ne le sait. Je ne cite pas Nibali parce qu'il a l'air très serein. Mais nous avons pour nous la force collective et nous pouvons agir si l'un de nos rivaux connaît une défaillance. Il nous faut espérer ne pas perdre de temps, en reprendre un peu, et voir un Thibaut Pinot moins fort qu'hier", a-t-il expliqué.

Thibaut Pinot, lui, est en position de force et entend bien conserver son avantage sur ses rivaux, voire l'accentuer. "Hier, j'ai connu ma plus belle journée sur le Tour. Mais mes rivaux restent toujours les mêmes, Péraud, Valverde, Bardet, et même Van Garderen, on ne sait jamais. S'il faut les attaquer, la montée du Pla d'Adet suffira", a-t-il dit.

Crédit photo Vélo101

Jean-Christophe Péraud a réussi la belle opération du jour en se plaçant dans la route de Vincenzo Nibali à la suite d'une attaque initiale de Romain Bardet pour remonter à la quatrième place au général, à seulement huit secondes de Thibaut Pinot. "En troisième semaine, c'est dur tous les jours.  Aujourd'hui, ça se joue dans la tête. J'avais de bonnes jambes, j'ai vu Romain en relais devant, il m'a superbement secondé à l'avant. C'est grâce à lui que je suis devant aujourd'hui. Je suis super content de mon niveau. Réussir à accrocher Nibali en troisième semaine, ce n'est pas rien. J'ai eu la chance de l'avoir en point d'appui. Il est un cran au-dessus de tout le monde.À propos de la prestation collective de l'équipe AG2R-la Mondiale, le désormais leader de l'équipe a déclaré: "On ne s'attendait pas en début d'année à être à pareille fête. Ça nous donne envie d'aller de l'avant, ça nous pousse vers le haut." Quant à ses chances d'être sur le podium à Paris grâce à ses qualités contre la montre: "On verra aux Champs-Elysées. On ne va pas faire de plan sur la comète, je peux avoir un retour de manivelle demain et perdre ce que j'ai gagné. Je vais me battre pour ça maintenant." 

Un moment lâché par ses rivaux dans la montée du Pla d'Adet, Alejandro Valverde a su revenir grâce à ses équipiers de la Movistar pour conserver sa deuxième place au général devant Thibaut Pinot et Jean-Christophe Péraud."J'ai eu un moment de moins bien, c'est sûr.  Mais j'avais toujours mes coéquipiers avec moi. J'ai su retrouver mon rythme et à limiter l'écart avec Nibali et Péraud. C'est vrai que j'ai des adversaires très proches comme Pinot et Péraud, mais je crains plus Péraud qui est très bon contre la montre. Je connais bien Hautacam, cela va être une journée très dure, surtout après les deux journées que nous venons de connaître. On va essayer de récupérer parce que demain est encore une journée très importante."

Leader du classement des grimpeurs et vainqueur d'étape, Rafal Majka. « Au briefing, nous avions décidé qu'un coureur devrait partir dans l'échappée, afin de m'aider dans le final. Nicolas Roche y est allé, et il a beaucoup travaillé pour moi. Je suis très content de la façon dont ça s'est passé. Avant le premier sommet, Bjarne m'a dit de ne pas sprinter. Il est vraiment très intelligent, il m'a dit que c'est la victoire d'étape qui me donnerait le maillot à pois, pas les ascensions précédentes. J'ai commencé à penser que je pouvais gagner l'étape quand j'ai vu que le groupe avait deux minutes d'avance au col du Val Louron. Je me sentais bien. Et dans la dernière ascension, je voulais avant tout lâcher Purito. J'ai essayé trois fois, puis ensuite j'ai suivi Moinard, Rolland et Roche. J'ai repris Visconti, et je me sentais très bien dans les 5 derniers kilomètres. Quand il y a beaucoup d'ascensions dans une étape, c'est bon pour moi. C'est mon premier Tour de France, et j'ai déjà gagné deux étapes. J'aime vraiment le Tour de France. C'est sûrement le meilleur Grand Tour, parce que la météo est bonne, pas comme sur le Giro. Nous n'avons pas eu de chance avec la chute de Contador, mais Bjarne Riss et Oleg Tinkoff nous ont demandé de nous rattraper en remportant une étape. Nous n'en avons pas gagné une, mais trois, avec le maillot à pois en prime ! »

Crédit photo ASO

TDF #17 : Majka, la razzia

La courte étape programmée entre Saint-Gaudens et Saint-Lary Pla d'Adet a donné lieu à un nouvel épisode de la bataille des chefs, une nouvelle fois remportée par Vincenzo Nibali, qui continue d'affirmer avec la manière sa supériorité sur tous ses rivaux. Le Maillot Jaune s'est encore autorisé une accélération dans les cinq derniers kilomètres d'ascension, suffisamment appuyée pour distancer les autres prétendants au podium, à l'exception de Jean-Christophe Péraud. Le coureur d'AG2R se rapproche même du podium, toujours complété par Alejandro Valverde et Thibaut Pinot, mais avace seulement 8'' de marge pour le coureur de la FDJ. L'explication n'a pas empêché la victoire d'étape de se jouer entre les membres d'une échappée, dans laquelle étaient notamment impliqués les candidatas au maillot à pois. Et c'est Rafal Majka qui a fait le vide autour de lui, en augmentant son avantage au classement des grimpeurs et surtout en signant une deuxième victoire d'étape sur le Tour 2014. 

Crédit photo ASO

Première heure : 50,2 km/h
Un groupe d'attaque se forme dès le deuxième kilomètre de course avec Sergio Paulinho (Tinkoff), Blel Kadri (AG2R), Tom-Jelte Slagter (Garmin), Yukiya Arashiro, Cyril Gautier (Europcar), Jens Voigt (Trek), Nicolas Edet (Cofidis) et Martin Elmiger (IAM). Mais la pression de l'équipe Katusha les empêche de s'éloigner à plus d'une minute du peloton, même en gardant un rythme très soutenu, supérieur à 50 km/h de moyenne sur la partie encore plane de l'étape.

Purito passe à l'action
La manœuvre de l'équipe russe se concrétise dans la montée au col du Portillon, où Joaquim Rodriguez passe à l'action. Bien qu'il soit suivi par quelques-uns de ses concurrents pour le maillot à pois, il distance tout de même Majka et bascule en tête avec 10 points de plus. Dans la descente, c'est au total un groupe de 22 coureurs qui se forme, avec Kiryienka , Lopez (Sky), Herrada, Izaguirre, Visconti (Movistar), Rodriguez (Katusha), Majka, Roche (Tinkoff), Fuglsang (Astana), De Marchi (Cannondale), Mollema (Belkin), Kadri (AG2R), T.Dumoulin (Giant), Durasek (Lampre), Van den Broeck (Lotto), Moinard, Velits (BMC), Rolland, Arashiro, Gautier (Europcar), F.Schleck (Trek) et Taaramae (Cofidis).

Kiryienka, 34 km en solitaire
Au passage au ravitaillement de Bagnères-de-Luchon, leur avantage grimpe à 1'30''. C'est ensuite en attaquant l'ascension vers le col de Peyresourde que Vasil Kiryienka accélère pour tenter sa chance en solitaire. Il y bascule en tête, mais son effort est ensuite anéanti dans la montée au col de Val Louron par le travail d'Europcar, puis par l'accélération de Joaquim Rodriguez dans le dernier kilomètre. 

Le retour de Majka
Juste avant la montée au Pla d'Adet, le groupe de tête est réduit à 4 coureurs sur une accélération de Rolland, suivi par Visconti, Roche et Moinard. Parmi eux, Visconti se montre le plus fort et passe 4 kilomètres seul en tête. Ses espoirs de victoire s'amenuisent avec le retour de Rafal Majka, qui le rejoint à 4,2 km, puis le dépose à 2,5 km pour aller chercher sa deuxième victoire sur la ligne d'arrivée. 

Nibali, avec Péraud
Le groupe Maillot Jaune s'est également réduit dans l'avant-dernière ascension. Dans la plongée sur Saint-Lary, à 20 km de l'arrivée, Romain Bardet s'isole et creuse avec le Maillot Jaune un écart de 35'' qui constitue son capital en entrant dans la montée finale. Son avance se révèle trop maigre pour résister au retour d'une élite emmenée par Jeannesson et Pinot. C'est ensuite le maillot blanc qui déclare les hostilités à 7 km de l'arrivée, sans parvenir à décrocher ses adversaires. La réplique de Nibali à 5 km se révèle plus tranchante : il n'est suivi que par Jean-Christophe Péraud, avec qui il continue sa montée jusqu'à la ligne d'arrivée. Valverde, momentanément décroché, atteint finalement le sommet juste avant le trio Pinot-Bardet-VanGarderen. D'après Letour.fr

mardi 22 juillet 2014

TDF #16 : Rogers, 12 ans après !

Au lendemain de la journée de repos, le peloton du Tour de France a repris du service avec une première étape pyrénéenne propice à une échappée volumineuse, qui s'est notamment construite autour de Voeckler, Kwiatkowski et Rogers. Libérés par les équipes qui pèsent au classement général, les attaquants se sont nettement détachés, puis une sélection dans la montée au Port de Balès a permis à 5 coureurs d'y croire encore plus longtemps. Mais à 4,5 kilomètres de la ligne, c'est Michael Rogers qui accélère et va chercher à 35 ans, 12 ans après sa première participation au Tour, un premier succès sur l'épreuve. Dans le groupe des favoris, la bonne opération  a été orchestrée par Thibaut Pinot dont l'accélération a notamment eu pour conséquence de décrocher Romain Bardet, à qui il prend la 3ème marche du podium provisoire ainsi que le maillot blanc. Jean-Christophe Péraud est quant à lui resté au contact de l'élite, et se retrouve 4ème.

Crédit photo ASO

Majka : un seul point suffit
Les perspectives de réussite d'une échappée attirent les volontaires à l'avant de la course dès le départ.  Mais le rythme rapide du peloton condamne les premières initiatives. Au sommet de la côte de Faingeaux, Rafal Majka (Tinkoff) se rue sur l'unique point en jeu, qui lui permet de prendre une option sur le maillot à pois. Peu après, au km 28, cinq attaquants se détachent : Rogers (Tinkoff), Roy (FDJ), Reza (Europcar), Albasini (Orica ) et Delaplace (Bretagne).Ils sont dans un premier temps rejoints par Eisel (Sky), Kwiatkowski (OPQS) et Montaguti (AG2R), puis l'effectif monte à 12 coureurs avec Kiryienka (Sky), Izaguirre (Movistar), Serpa (Lampre) et Kluge (IAM).

21 coureurs dans l'échappée au km 73
Après une cinquantaine de kilomètres, une accélération du peloton casse le peloton en deux, confirmant les dispositions modestes du jour de Joaquim Rodriguez et Jurgen Van den Broeck, piégés au sein d'un groupe de 50 coureurs attardés pendant une dizaine de kilomètres. Le rapproché donne des idées à d'autres contre-attaquants qui font grossir l'échappée à 21 coureurs au km 73, avec le renfort de Bakelants (OPQS), Dumoulin (AG2R), Slagter (Garmin), Gallopin (Lotto), Van Avermaet (BMC), Gautier, Voeckler (Europcar),Keukeleire (Orica ), et Vachon (Bretagne).

Rogers accélère à 4,5 km
La menace de Michal Kwiatkowski, pointé à plus de 19 minutes au général, n'inquiète pas Nibali et ses hommes, qui laissent l'avantage de l'échappée grimper jusqu'à plus de 12 minutes, à l'approche de la montée du Port de Balès. A 6 kilomètres du sommet, la sélection est durcie par une attaque de Thomas Voeckler, qui réduit dans la fin de l'ascension le groupe des prétendants à l'étape à 5, avec Rogers, Serpa, Gautier et Kiryienka. Au bas de la descente sur Bagnères-de-Luchon, c'est Michael Rogers qui met fin aux débats sur une accélération à 4,5 km de la ligne. L'Australien termine en solitaire, tandis qu'une autre bataille se joue entre les favoris pour le podium du Tour.

Bardet lâche prise
Derrière, l'amaigrissement du peloton Maillot Jaune a également été sévère. Elle prend encore d'autres proportions avec l'attaque de Thibaut Pinot à 4 km du Port de Balès : Van den Broeck et Van Garderen avaient déjà lâché prise, mais c'est alors Romain Bardet qui est décramponné, ainsi que Bauke Mollema. Thibaut Pinot décroche aussi momentanément Valverde, mais la descente lui permet de revenir. Sur la ligne d'arrivée, il termine l'étape en compagnie de Péraud, Valverde, Nibali et König, et prend à son rival français la troisième place du podium provisoire en même temps que le maillot blanc. D'après Letour.fr

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